Posté le 14.07.2007 par stagegdansk
Vendredi soir. Je quitte le taff à 17h00. Le temps de rentrer, déposer le portable, boire un coup et repartir, je suis à la vieille ville à 18h00. Le festival Feta continue et j'ai bien l'intention d'y passer ma soirée.
Premier spectacle : une parade dans les rues. Des acrobates et jongleurs échassiers déambulent en faisant des pauses spectacles en musique. Rien d'extraordinaire, j'attends le spectacle suivant en faisant les boutiques.
19h00, spectacle médiéval sur la Dluga. Entre farce, vaudeville et acrobaties. Je ne comprends pas tout mais ça se laisse regarder. Max et Nico (un nouveau) m'y retrouvent, on va se prendre une bière en terrasse en attendant l'autre Nico et Thibault. Ils finissent par arriver, Max nous emmène dans un restau italien. On ne trouve pas la carte très italienne, ni le cadre. Il tient à nous prouver qu'il a raison et appelle la serveuse :
- It is an Italian restaurant, here ?
- Not really...
Serveuse 1 - 0 Max
Le chianti est un odieux mélange de fond de cuves, ce que l'étiquette ne cherche même pas à cacher, mais la sole à la sauce aux câpres me console.
Sortis du restau, nous allons boire un coup dans un bar/boîte de nuit qualifié par Nico de "club échangiste pour vampires"... Effectivement la déco est bizarre : pas de tables et de chaises, juste des canapés mauves géants (3m de profondeur) faisant tout le tour du lieu, séparés en alcôves par des rideaux de tulle. Tout le reste du mobilier et les murs sont blancs immaculés, avec des fleurs exotiques rouges par endroits... On ne s'attarde pas.
Sortis de ce sous-sol (oui, c'est en sous-sol en plus...) ils partent pour Sopot continuer la soirée. Pour ma part, j'ai un billet pour le dernier spectacle de la journée. Les "burnt out punks", assez difficile à cerner. Quelque chose entre clowns, théâtre, jeu de feu et acrobaties. Beaucoup d'humour en tout cas, et le tout en anglais ce qui me permet de suivre, pour une fois :)
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070713_Feta1/album.php
Posté le 13.07.2007 par stagegdansk
Ce qu'il y a d'appréviable dans une grande ville touristique telle que Gdansk, ce sont les festivals. Ici il faut surveiller le site de la ville, les guides de bons plans mais également les affiches et les flyers dans la rue. En faisant cela, on est sûr de ne pas s'ennuyer. Il y a les têtes d'affiche : Beastie boys, Bjork, Muse au Heineken Fest, Rod Stewart au concert des chantier (après Jean-Michel Jarre), etc.
Mais il y a aussi tout un tas de petits festivals, moins chers (voire gratuits) qui permettent de se faire des soirées agréables à moindre coût. Depuis hier et pour 4 jours c'est le "Feta". Un festival international de théâtre de rue avec toutes les heures un spectacle dans la vieille ville. Les différentes "scènes" ne sont distantes que de quelques centaines de mètres ce qui permet d'en enchaîner plusieurs à la suite.
Ce soir, un collègue me conseille un des spectacles, nous convenons d'un rendez-vous sur place. Pas de chance, je n'ai pas le programme et arrive avec une heure de décalage, pour voir les artistes saluer. Ce n'est pas grave, je file vers la Dluga où doit se tenir le prochain. Des acrobates échassiers vont y mimer pendant une heure une histoire d'amour entre deux insectes géants contrariée par des sortes de faucheuses. Aucune parole, seulement un jeu de lumières et une musique angoissante.
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070711_Feta/album.php
Le spectacle suivant est payant. Ce n'est pas le prix qui me fait reculer (5zl), mais plus la double file d'attente : une pour acheter la place, puis une pour entrer dans la tribune.
Je file donc vers les quais pour une petite visite avant de rentrer. Il y a quand même boulot, demain..
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070711_Quais/album.php
Posté le 08.07.2007 par stagegdansk
Le week-end reste mitigé. Il ne pleut plus comme la semaine dernière, mais encore beaucoup de vent et de nuage. Cet après-midi, je pars visiter le quartier de Stogi à l'Est de Gdansk.
Le terme quartier est un peu réducteur. Il s'agit en fait d'une île, moitié habitée moitié sauvage. Elle est face au Nowy Port, mais il faut contourner toute la zone portuaire et passer par la ville historique pour y accéder. Urbanisée après la guerre, on y trouve presque uniquement des HML. L'endroit est un peu isolé, à l'écart de la ville. Un polonais m'a dit : "ça craint un peu, c'est là que tu as les traffics de drogue, de voiture...". Au moins je suis prévenu, je ne laisse pas Robert sans surveillance.
Une fois passée la zone d'habitations en direction de la plage, on traverse une forêt sur environ 2kms. Un lac s'y trouve, le tour est aménagé pour la promenade. Après m'être fait menacer sans trop comprendre pourquoi par le cygne de la photo j'aperçois sa compagne en retrait avec les deux petits. Compris, je leslaisse en paix.
Arrivé à la plage principale de Stogi, d'autres animaux. Des lions, lionnes, lionceaux et panthères ont envahi la plage. Il s'agit en fait d'un gigantesque "chateau" de sable réalisé la veille. Dès que l'on s'éloigne un peu de cet accès la plage est vraiment sauvage. Aucune trace de pas, des dunes et la forêt derrière avec quelques chemins.
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070707_Stogi/album.php
Je file ensuite vers la pointe Ouest de l'île. J'ai aperçu depuis l'autre rive (quand j'étais au phare il y a deux semaines) un grand monument, je veux voir ce que c'est. En fait, c'est le monument commémoratif de Westerplatte, la garnison polonaise qui s'est reçu les premiers obus de la seconde guerre mondiale tirés depuis le cuirassé Schleswig Holstein. Dans les bois, des restes de bunkers, de postes de guet, de rails... Le monument fait référence non seulement à Westerplatte mais également aux grandes batailles du début de la guerre (Dunkerque, Mourmansk...).
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070707_Westerplatte/album.php
Sur le chemin du retour je veux visiter le fort type Vauban aperçu lui aussi depuis l'autre rive. Malheureusement celui-ci est encore utilisé par la police nationale. Tant pis.
Ce soir les nuages sont partis, plein soleil. Normal, c'est la fin du week-end...
Posté le 07.07.2007 par stagegdansk
Après un samedi matin passé à expédier tout ce que je n'ai pas le courage de faire pendant la semaine (repassage, balai, poussière, descendre la poubelle...) l'aprem arrive.
14h00 : Je retrouve Max et Nico au cinéma pout voir "Die Hard 4". Pour ceux qui comme moi n'ont vu ni le 1 ni le 2 et ni même le 3, rassurez-vous vous devriez réussir à comprendre la subtilité de l'intrigue. J'aurai quand même appris que maintenant les avions de chasses peuvent faire du vol stationnaire. Ici les films sont TOUS en VO avec sous-titres en polonais, rien n'est traduit (seulement les dessins animés, pour les enfants). Lors de la diffusion à la télévision ou pour les DVD, la version polonaise est enregistrée en superposition de la VO.
En sortant, Max et Nico vont traîner à Empik (la FNAC locale). Pour moi, suite de la découverte de la vieille ville. Je commence par grimper sur la plate-forme d'observation du clocher de la basilique Notre-Dame, panorama à 360° sur tout Gdansk. Rien que la montée vaut le coup : après un tout petit escalier en colimaçon dans la paroi de la façade, on passe au-dessus de la nef par une petite passerelle en bois avant d'attaquer la montée finale dans le clocher lui-même. Un escalier parcourt les quatre parois de la tour, autour des cloches.
Sorti de la tour, destination le musée de l'ambre. Avec le même ticket j'ai également accès au musée de la ville (en fait une pièce) et au musée de la torture, pas franchement engageant.
18h00, le gardien me met dehors. Retour par le bord de mer. J'en profite pour aller jeter un coup d'oeil à quelque chose qui m'intrigue depuis une semaine : Sur mon plan figure un bâtiment d'un kilomètre de long, si j'en crois l'échelle. Ou plutôt deux bâtiments parallèles de 1km chacun. En fait ce sont des barres HML, très impressionantes. Ici c'est assez bizarre, les quarties HML sont les plus proches des plages et le centre touristique est finalement assez éloigné de la mer, séparé des quartiers HML par le port (chantier + commerce) et les installations industrielles. Seuls deux porches permettent de les traverser sans avoir de clé.
Quelques courses en arrivant chez moi. Ce soir, cassoulet appelé ici "haricots à la bretonne". Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien...
Posté le 06.07.2007 par stagegdansk
Pour ce soir, j'avais repéré un concert, donné dans le cadre d'un festival. L'orchestre philarmonique de la Baltique avec le renfort d'un orchestre de Cracovie, plus des choeurs et des solistes doivent jouer des oeuvres de Chopin sur une certaine "Promenada Gwiazd". Un concert en plein air, pas une super idée vu le temps mais bon... Il est à 18h30, je quitte le bureau à 17h30 pour avoir le temps de trouver le lieu exact.
Arrivé en ville, pas d'orchestre en plein air mais des gens bien habillés qui semblent converger vers le même endroit (pour converger, il vaut mieux...). Je les suis et finis par trouver l'endroit. En fait Chopin ce ne sont pas les oeuvres, c'est le nom de la salle. Des caméras et des photographes font le siège de l'entrée, renseignements pris il semblerait qu'un acteur polonais soit dans les parages. Je vais m'acheter un billet. J'arrive à me faire comprendre, la fille me l'imprime puis je demande le prix. J'aurais dû le demander avant : 100zl, soit 25€. Ce n'est pas encore la fin du monde, mais comparé à ma place pour le festival international d'orgue à 6€ je commence à m'attendre à un très bon concert.
A l'entrée, une charmante demoiselle m'offre un chocolat. Sympathique. Le hall est envahi de photographes et de caméras. Les gens arrivent tous en costumes et robes de soirées. Les flashs crépitent, les messieurs font le baisemain aux dames et je commence à me trouver en mode "mais qu'est ce que je fous là...". Il faut dire que je suis venu en vélo sous la flotte, le bas du pantalon et la veste macculés de boue projetée par le VTT, sacoche du portable dans le dos. La dame aux chocolats passe ditribuer les restes, j'en reprends un autre histoire de me donner une contenance et de rentabiliser les 100zl. Une question demeure tout de même : si Chopin est le lieu, qu'est ce que la "promenada gwiazd" ?
Les portes de la salle ouvrent. Voulant être bien placé je monte directement au premier balcon. Un gorille s'avance pour m'en empêcher mais un de ses collègues le retient en lui montrant ma sacoche de portable. Soit. Je m'installe à la tribune. Mes deux voisins de droite ont des énormes appareils photos, marrant. Par contre les quatre de devants aussi. Là ça devient louche. "Excuse me, this place is for press only ?" "Yes". Bon, ça c'est fait. Retour au parterre.
Les trois premiers rangs sont réservés, des gens encore mieux habillés que les autres s'y installent. L'orchestre arrive et le concert commence par un solo de guitare électrique. Sûr, ça ne sera pas du Chopin. Après le solo, sur un écran, des visages sont diffusés en noir et blanc avec leurs noms, et une petite musique style "souvenir". Qu'est ce que c'est que ce bordel... L'orchestre reprend et joue une musique assez bizarre, des extraits de films avec toujours le même acteur sont diffusées sur un écran géant au-dessus de la scène. L'orchestre s'arrête, quelqu'un dit quelques mots puis laisse la place à l'acteur que l'on vient de voir sur l'écran (tiens ? bah oui, il est là...). Il dit quelques mots, rit avec le public et retourne s'assoir. Moi je commence à comprendre. Je suis à une sorte de cérémonie des Césars polonaise, à voir des gens immensément connus en Pologne (mais pas en France) qui font des blagues de circonstance en polonais (que je ne comprends donc pas). Au fur à mesure que Chopin s'éloigne, ma mauvaise humeur augmente.
A la toute fin, un artiste a l'air d'être plus connu que les autres. Sa tête me dit quelque chose... Il vient dire quelques mots en anglais, les seuls que je comprendrai. C'est la fin du spectacle, tout le monde sort, moi aussi. Je me dirige vers la sortie mais je vois que tout le monde semble monter au premier étage. Après m'être assuré que tous n'avaient pas de gros appareil photo, je les suis. En fait le banquet était inclus dans le prix du billet. Je me venge donc de ma déception musicale sur le saumon, le caviar, les cerises et les plats chauds. La vodka est aussi à volonté mais j'ai 5kms de vélo qui m'attendent donc je reste raisonnable.
D'un coup, je sens que les caméras et les flashs sont plus proches de moi. Je cherche à comprendre pourquoi et je finis par me rendre compte que je suis en train de manger mon saumon juste à côté de l'angliche. Il veut sans doute profiter de ma notoriété pour se faire photographier, bon prince, je le laisse faire ;) ...
En sortant, je trouve un programme un peu détaillé de la soirée. Mon angliche il est américain, et c'est David Lynch. Ca fait bizarre... Demain, j'essaie de me faire expliquer ce qu'était cette cérémonie.
Posté le 05.07.2007 par stagegdansk
En France, la politique est souvent assez amusante. Dernièrement : la gaffe de Devedjian, Cécilia qui rend sa carte de crédit, etc. Ici il y a également de l'animation.
Depuis 2005 c'est Lech Kaczynski qui est président, du parti conservateur Droit et Justice. En France, Droit et Justice se situerait quelque part vers la droite de l'UMP (bien à droite). Ici il est considéré comme "conservateur modéré". En février 2006, Droit et Justice va être contraint de s'allier avec deux partis aux noms évocateurs : Autodéfense et La ligue des familles polonaise. Le premier est populiste, le second très bien vu par le Vatican. Vous avez d'ailleurs peut-être vu un député européen de la ligue des familles protester contre le film de promotion du cinéma européen lors des derniers JTs... Depuis la démission du premier ministre c'est le frère jumeau de Lech, Kazimierz, qui est aux commandes. Depuis la Pologne est qualifiée de "première démoratie monozygote de l'histoire.
Le personnage le plus haut en couleurs du gouvernement est sans doute Roman Giertych, ministre de l'éducation nationale et membre de la LPR (Ligue des Familles Polonaises). Il refuse tout d'abord de remettre en cause les paroles du chef de son parti, Miroslaw Orzechowski qui a déclaré que la théorie darwinienne de l'évolution était "une histoire à caractère littéraire qui pourrait servir de trame à un film de science-fiction". Il s'est ensuite employé à mettre en oeuvre une grande réforme concernant la littérature étudiée dans le secondaire. Les lycéens ont une liste d'ouvrages à lire, un peu comme pour le bac. Roman a donc voulu remplacer des ouvrages rédigés par des écrivains obscurs (Kafka, Tolstoï, Dostoïevski...) par de bien plus grands auteurs (Jean Paul II entre autres).
Dernier grand débat ici, dont vous n'avez peut-être pas connaissance : Les teletubbies sont-ils homos ? L'interrogation porte sur Tinky-winky, le violet. C'est un garçon et il a un sac à main. Il n'en a pas fallu plus pour qu'Ewa Sovinska, médiatrice polonaise aux droits de l'enfant s'en émeuve et lance une commission d'étude au sein de l'Office gouvernemental de la protection de l'enfance. Des psychologues vont donc se poser très sérieusement la question de l'influence du sac à main de Tinky Winky sur le développement de la mentalité des enfants polonais...
Les frères Kaczynski réussissent donc à paraître presque progressistes, au vu de leur entourage. Dernier épisode, cette grande affiche présente sur les arrêts de bus des grandes villes (La photo parvient du site du Monde, je n'avais pas mon appareil mais l'affiche était également visible à chaque coin de rue à Gdansk). Le titre qualifie Angela Merkel de marâtre. On la voit donnant le sein aux jumeaux qui par ailleurs ont une belle tronche de poupons, un peu à la François Hollande. Les frères ayant déja gaffé la semaine précédente en ramenant les morts de la seconde guerre mondiale dans le débat européen sur le thème "si les Allemands ne nous avaient pas envahis, il y aurait plus de Polonais et on aurait plus de voix au parlement européen", la Pologne s'est excusée auprès de l'Allemagne et une enquête a lieu pour décider de sanctions contre le journal. Il n'empêche que cette édition s'est très bien vendue. Angela Merkel bientôt en pages centrales de Playboy ???
Posté le 03.07.2007 par stagegdansk
Ce matin, après 45 minutes de marche, je dépose mon vélo chez le réparateur indiqué hier par un collègue. Le garage se situe dans une arrière cour : une pièce pour la vente de vélos et de matériel et l'autre pour l'atelier. Justement, une vieille Volvo est en train de se faire changer les amortisseurs dans cet atelier. Bizarre pour un garage vélos, mais bon... Après une traduction par téléphone assurée par un collègue, je leur confie Robert qui sera prêt, me dit-on, à 17h30.
Journée de boulot tranquille. Sur la fin, je reçois mon bureau définitif : le boss a quitté la boîte il y a une semaine, Alban le remplaçant. Un beau bureau se trouve donc libre : un grand machin de 3m sur 1m, avec une petite désserte. J'en profite pour m'installer un dual screen avec l'écran du portable et le CRT que j'utilisais avant. Le luxe.
17h20, je pars chercher mon vélo. Ils ont changé la cassette de pignons arrière pour une Shimano, la chaîne, tout huilé (y compris le cadre :s ) et supprimé les jeux que j'avais dans les pédales et dans les roues. Le tout pour 73zl, soit environ 18€. D'accord, c'est presque le prix de mon vélo, mais je ne vais quand même pas me plaindre...
Pour finir, je repère à 19h15 sur le site de la ville un récitald'orgue qui doit avoir lieu à 20h00, cathédrale d'Oliwa. Juste le temps de la trouver sur la carte et de ressortir Robert. La cathédrale est vraiment superbe. Les orgues forment un arc de cercle autour des claviers, ils sont vraiment immenses. Un panneau explicatif me le confirme : 7896 tuyaux. Le concert dure une heure, oeuvres baroques et contemporaines.
En sortant, je découvre Oliwi Park, qui jouxte la cathédrale. sorte de jardin des plantes, mais avec des brochets et des perches en guise de carpes dans les bassins. Ca surprend un peu...
Posté le 02.07.2007 par stagegdansk
En Pologne, c'est bizarre, les gens ils ne parlent pas français. Ils ne parlent même pas anglais, ni même allemand. Ils parlent une langue bizarre, qui paraît-il s'appelle le polonais. J'en avais eu l'intuition lors des cours de Kamil, ça se confirme : le polonais c'est pas facile.
C'est bien beau de parler anglais. Mais ici on est derrière l'ancien rideau de fer. Donc sauf pour la nouvelle génération, la seconde langue était soit le russe, soit l'allemand (dû à l'histoire de la ville). Avec la plupart des personnes de plus de trente ans même pas la peine de penser à l'anglais. Il faut se débrouiller avec un allemand/polonais de cuisine. Et encore, d'arrière-cuisine...
Première impression : les lettres. Tous les z, w et combinaisons de consonnes que l'on ne trouve pas en français, c'est parce que les polonais ont tout pris. Cela donne une langue toute pleine de chuintements. Et encore, pour un chuintement donné, il y a plein de façons de le prononcer ce qui fait que pour certains mots je suis incapable d'entendre la différence... Je pensais commencer à maîtriser les phrases de base mais je me trompais : hier je demande 8 tickets de bus tarif étudiant au chauffeur (poprosze osiem studientzka tramwai billetouf), il m'en a filé trois...
Je me suis aussi intéressé à la grammaire. Là j'ai cru pendant quelques temps que c'était facile : il n'y a pas d'articles !!! Du coup, impossible de les décliner comme en allemand. Funeste erreur. C'est sûr, ils ne peuvent pas décliner les articles, du coup, ils déclinent les noms. Et quand je dis qu'ils déclinent, ils déclinent vraiment : au nominatif, accusatif, datif et génitif bien sûr mais aussi à l'instrumental et au locatif (!) Là où ça devient carrément jouissif c'est qu'ils déclinent également les prénoms et les noms propres. Comme vous le montre la photo, De Gaulle au génitif, c'est De Gaullea. Là ça va encore, mais quand on s'appelle Anthony (au hasard) ça devient carrément ambigu...
Donc petit cours pratique : comment commander une bière (toujours au hasard, hein....). Une bière se dit piwo, une jeden, s'il vous plaît prosze. Jeden piwo prosze ? bah non. Ce serait trop facile. Piwo est neutre, donc c'est:
"jedno piwo prosze".
Pour deux bières, on passe au pluriel. Donc là, plus de déclinaison du quantifieur. Deux c'est dwa. Donc "dwa piwo prosze" ? Toujours pas. Au pluriel, on va s'amuser maintenant à décliner le nom. Dans le cas de piwo, le mot se finit par un o donc on remplace par un a. Reprenons :
"jedno piwo
dwa piwa
trzy piwa
cztery piwa
piec ...."
Ceux qui ont mis piwa sur les pointillés ont faux. A partir de 5 ils disent autre chose, qui se prononce "pinnch' " ou un truc dans le genre. En même temps, ils les servent en pintes donc ce n'est pas tous les jours que l'on commande cinq bières d'un coup...
A part ça le polonais est une très belle langue, musicale... mais vraiment pas facile. Heureusement les polonais sont toujours amicaux et prennent leur temps (mis à part les caissières de chez Albert, au centre commercial Manhattan, mais j'y reviendrai...), essaient de comprendre, ou de trouver une solution.
Posté le 01.07.2007 par stagegdansk
Après avoir difficilement fait surface suite à la nuit dernière il est temps d'organiser la journée (enfin, ce qu'il en reste...). Deux solutions possibles, le vélo étant HS : plage ou visite de la vieille ville. Les nuages sont assez nombreux et le vent souffle. Je joue la ruse : visite de la vieille ville avec affaires de bain dans le sac à dos.
On dirait que c'est mon week-end de chance : ne pouvant me servir du vélo, je ne peux compter que sur le tram. Après quinze minutes d'attente il faut se rendre à l'évidence : la ligne est coupée. Un bus, un peu de marche à pied et un tram plus tard, je suis en ville.
La vieille ville est un superbe trompe l'oeil. Elle a été entièrement détruite par l'armée soviétique en 1945, Gdansk étant alors allemande. Tous les bâtiments que vous voyez donc sur les photos d'aujourd'hui datent des années 50.
Je commence par le musée de la vieille ville situé dans l'ancien hôtel de ville (le "ratusc"). Ce qui est le plus gênant, c'est le mélange de pièces originales et de copies réalisées après la guerre. Les pièces sont belles, mais l'ensemble sonne un peu faux. Par exemple, une cheminée monumentale en marbre blanc et dorures. En regardant de plus près, le marbre est en béton et les dorures en peinture.
En sortant du musée, petit détour par l'office du tourisme. J'ai repéré des kayaks dans la vieille ville, ce pourrait être un moyen sympa de visiter. On m'indique le club le plus proche, les tarifs sont assez bas. Ce sera pour un autre jour, mais l'adresse est notée. Entre temps, les nuages sont partis et il fait un superbe temps mais les problèmes de tram me dissuadent de changer le planing.
Sur les quais, une grue monumentale moyennageuse (ou du moins sa reconstruction) se visite. En fait le musée est en deux parties : musée maritime et musée de la grue. Le musée maritime regroupe des reproductions de bateaux de pêche de Madagascar, des Comores, de Terre-neuve, etc. Pour les passionés c'est sans doute très intéressant, pour moi la visite est vite faite.
La grue abrite non seulement son propre mécanisme (quatre roues de cinq mètres de diamètre), mais également un musée sur l'histoire des aménagements portuaires de Gdansk. Beaucoup plus intéressant que la première partie, j'y passe une bonne heure.
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070701_Gdansk_vieille_ville/album.php
Pour le retour, je prends le TER local. Bonne surprise, il ne coûte pas plus cher que le tram. Je me trompe de gare pour la descente, ce qui me vaut une petite marche supplémentaire...
Posté le 01.07.2007 par stagegdansk
Hier aprem, le temps devient beau. Après une rapide séance de plage en toute fin d'aprem vendredi, je décide d'y retourner après avoir expédié la vaisselle, la lessive et le ménage (!) Sur le chemin, je fais huiler Robert (le vélo, cf. les commentaires quelques posts plus bas pour ceux qui n'auraient pas tout suivi), et regonfler la roue avant.
Vers le milieu de l'après-midi, l'orage arrive, je décide de rentrer. Pas assez vite, à la moitié du chemin c'est le déluge. Je suis en short, je ne me dépêche même plus, de toute façon je serai trempé... Et c'est là que Robert me fait un mauvais coup : la cassette de pignons arrière se désolidarise de l'axe de la roue. Je pédale beaucoup plus vite, mais dans le vide. Je finis le trajet à pied. J'avais eu le même problème sur mon vieux VTT, on m'avait dit que ce n'était pas réparable. On va voir si les polonais sont plus bricoleurs que les français, mais j'ai peur que non....
La pluie ne se calme pas, et je dois aller au Heineken Fest. Nous partons sous la flotte, par l'équivalent du TER. Arrivés à la gare de Gdynia, des bus spéciaux font la navette. Quand nous arrivons sur le site, la pluie s'arrête. Tout est treès bien organisé, aucune attente nulle part, un vrai village de toilettes temporaires est installé sur le côté de l'aérodrome. Le festival est organisé par heineken et ça se voit, il y a de la boisson : fûts et caisses en quantité. Nous avons juste le temps de visiter le site avant que l'orage ne reprenne. Nous nous abritons sous la scène couverte en attendant que ça passe.
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070630_Heineken_Fest/album.php
30 minutes plus tard, le plus gros est passé mais le terrain a changé d'allure. Ce n'est plus qu'un gigantesque champ de boue dans lequel on risque de perde une chaussure à chaque pas. Sur la scène principale, c'est Groove Armada. Leur musique est assez dure à situer, entre rock/rap/électro, mais avec des sections cuivrées qui me permettent d'apprécier leur concert.
Ils laissent la place aux Beastie boys. Ils ont beau être moins jeunes que Groove Armada (ils ont eu leurs premiers grands succès dans les années 80), on ne dirait pas. Ils sont survoltés, passent une heure et demie à sauter, courir, jouer sur scène tout en faisant (quand même) de la musique. Très impressionant.
Dernier concert : Muse. Nous nous sommes approchés à la fin des Beastie boys et sommes maintenant à une trentaine de mètre des la scène. Je dois bien avouer qu'ils m'ont bluffé. C'est du rock, agressif, mais avec des passages de piano (pas clavier, un demi-queue), des thèmes repris, fugués, un peu de musique tonale... Vraiment de la bonne musique, avec en plus tous les écrans géants, les animations, les jeux de lumière, etc. Le concert dure deux heures et je ne le vois pas passer.
http://nico.mart.free.fr/gdansk/20070630_Heineken_Fest/videos/
La boutique de vélos est fermée aujourd'hui, j'essaierai de passer voir demain si ils peuvent faire quelque chose pour moi. Aujourd'hui, nettoyage de chaussures, repassage et peut-être plage...