Depuis hier, je suis limite au chômage technique. Ma chef de projet ne détecte pas de nouveaux bugs et pour ceux qui sont en attente j'ai besoin d'un logiciel qui va finir de se télécharger dans environ 1h00. Après avoir fait le tour des sites des quotidiens français, descendu un paquet de Pim's, discuté avec une britanique en arrêt de travail, écumé tous les blogs polytechniciens, avancé mon rapport de stage, il ne me reste plus qu'à vous proposer un nouveau post en attendant une heure où je pourrai partir décemment du bureau sans m'attirer de regards interrogateurs. Ca fait deux mois que je suis ici et je ne vous ai parlé que de points précis du pays, voire de la ville. Mais aucune généralité sur les polonais (ou polonaises d'ailleurs). Donc allons-y :
Bon point pour eux, les polonais sont assez accueillants, et prennent leur temps pour m'expliquer les choses, essaient toujours de trouver une solution même si ils ne comprennent pas un mot de ce que j'essaie de leur dire. J'ai l'impression qu'ils sont encore plus sympas dès qu'ils se rendent compte que je ne suis manifestement pas du coin (cad dès que je me mets à parler). Ceci ne se généralise malheureusement pas : Les caissières sont une espèce à part. Elles me fusillent du regard dès que j'ai le malheur de ne pas avoir la monnaie au centime (groszy) près et me la rendent de mauvaise grâce. Je n'y suis pour rien, si je n'ai toujours pas trouvé de distributeur donnant des pièces... Si j'ai le malheur de n'avoir qu'un billet de 100zl je m'expose à un lever d'yeux au ciel suivi de toute une série de jérémiades maugréées plus ou moins distinctement à travers des mâchoires serrées.
Le boire et le manger : les polonais ont des estomacs en béton armé. Je n'ai encore pas réussi à comprendre quel est leur rythme alimentaire : font-il un, deux, trois, ou quatre repas par jour, je n'en sais rien. En tout cas ils sont capables de prendre ce qui s'apparent à un déjeuner seulement à 17h00 mais parfois ils se contentent de grignotter toute la journée. Vraiment étrange... Que mangent-ils ? les spécialités polonaises sont la charcuterie et les choux. Le chou c'est simple, ils en mettent partout et dans tous les états : cru, cuit, grillé, à la vapeur... J'en ai même trouvé dans les kebabs. Une chose en revanche très agréable est le prix et la disponibilité des fruits et légumes : sous l'ère communiste les citadins avaient des parcelles de terre en bordure des villes pour avoir de quoi manger tous les jours. Maintenant que les magasins d'état ont été remplacés par les grandes surfaces, ces parcelles de terre sont cultivées pour vendre la production sur de petits étals, sur le trottoir. D'autres ont été remplacées par des jardins d'agrément ou un coin de pelouse avec barbecue pour le week-end. Pour ce qui est de la boisson, ne jamais tenter de suivre un polonais : ils engloutissent les bières à la pinte et enchaînent à un rythme assez impressionant. Le degré d'une bière polonaise oscille entre 6 et 11°. J'ai l'impression que les nombreuses marques disponibles sont consommées un peu comme le cidre dans la Bretagne profonde (pléonasme ?). Je ne parle même pas de la vodka, consommée pure ou en cocktail...
La conduite polonaise : j'en ai déja dit un mot, mais ça vaut bien la peine d'y revenir. Donc pour rappel, ici la bande d'arrêt d'urgence ne sert pas à s'arrêter (trop dangereux) ni à circuler à vélo (ne même pas y penser) mais à se rabattre quand la voiture de derrière veut doubler, ce qui peut se produire n'importe quand. Cela se produit même tout spécialement quand une voiture arrive en face, voire même quand une autre voiture est déja en train de doubler en face, ce qui transforme momentannément une 2*1 voie en 2*2 voies. Le réseau autoroutier n'est pas énormément développé (surtout dans le nord) mais on y trouve des voies express sans limitation apparente, entrecoupées de passages piétons et de feux tricolores. Hors des villes, le réseau routier est très inégal, allant de la nationale tout à fait honnête au chemin de terre (signalé sur les cartes comme une route normale), en passant par des sections de routes faites de plaques de ciment aux jointures douloureuses pour le dos et (j'imagine) pour les amortisseurs. En ville, il est conseillé aux voitures désirant tourner à droite à un carrefour de griller le feu rouge pour éviter de se faire emboutir par la voiture suivante, qui ne comprendrait pas de voir quelqu'un arrêté au feu rouge alors qu'il veut tourner à droite...
Assez bizarrement, la police semble plutôt répressive et les radars automatiques sont bien plus nombreux qu'en France. En 22 ans, je n'ai jamais eu affaire à la police. En deux mois passés en Pologne, je me suis fait eng.... deux fois, et contrôler une fois. La première discussion houleuse a eu lieu car je ne tenais pas assez ma droite sur la route (il fallait sans doute que je pédale dans le caniveau) et la seconde parce que je ne tenais pas mon guidon sur une piste cyclable au beau milieu de la forêt, déserte, sauf bien sûr une voiture de flics débouchant d'un petit chemin. Enfin, je ne me plains pas, un ami a failli terminer la nuit au poste pour avoir osé traverser à rouge sur un passage clouté. S'ajoute à cela une hyper-sécurisation des centre-villes et des bâtiments fonctionnels, avec des compagnies de sécurité privées auxquelles il ne manque qu'un casque et un M16 pour avoir le parfait équipement du petit GI (gilet pare-balles inclus, c'est connu, il faut au moins ça pour assurer la sécurité du supermarché du coin).
Les polonaises maintenant. A quelques exceptions près, elles sont conformes à leur réputation :) . La mode féminine polonaise renfore cet attrait : tout dans le mini, à la plage mais également dans la rue, les magasins, en boîte, partout... Certaines discothèques semblent être de vrais aimants à top-models, c'est assez impressionant. L'envers de la médaille, c'est qu'elles sont quasiment toutes casées, mais ça ne les empêchera pas de passer toute la soirée avec toi en boîte. Simplement, à la fin de la nuit, elles te disent "tiens, au fait, je te présente Bartek (oui, ils s'appellent tous Bartek ici), c'est mon copain". Là tu dis bonjour à Bartek, lequel n'est visiblement pas du tout gêné, et tu te casses après quelques politesses.
Pour conclure ce post, quelques mots sur un polonais dont je pensais faire la connaissance : mon collocataire. Bah c'est raté. A part une soirée où il m'a invité à boire un bière en compagnie d'un de ses collègues, je pense que j'ai passé plus de temps avec les caissières du magasin d'en bas qu'avec lui. Quand je pars au taff, il n'est pas encore levé, le soir il vit dans sa chambre, à part les 5 minutes qu'il passe à faire réchauffer son dîner. Je sais qu'il est là car je l'entends, je le croise souvent à peu mais ça se résume à ça. Par exemple, depuis vendredi, je ne l'ai vu qu'une seule fois.
Eh ben merci, ça m'occupe encore un peu. C'est fou votre pays, j'aurai pété un cable encore plus facilement je pense ^^.
On retrouve les mêmes symptômes au sud de Varsovie. Quoique les caissières sont un peu plus sympatiques surtout quand je leur baragouine un "I speak english or french sorry". J'ajouterais que les polonais fument comme des pompiers aussi (à moins que ce soit propre à mon bled ..)
Non vraiment jtrouve ca bien que chacun écrive un post pour occuper la journée de l'autre, une belle preuve de solidarité entre stagiaire !!! J'espère que vous allez retrouver du taf avant le mois de septembre quand même sinon ça va être long, et je sais de quoi jparle :)
Les polonaises semblent être capable de faire des suçons improbables ausi... enfin ça c'est une histoire entre mon binome et moi. Si ça t'arrives, je suis sur que tu comprendras le moment venu :P